dimanche 27 mai 2012

Cosmopolis


Titre original: Cosmopolis

Réalisé par: David Cronenberg 
Année de production: 2012
Durée: 1h48
Avec: Robert Pattinson, Kevin Durand, Sarah Gadon, Juliette Binoche...

Sélection officielle Cannes 2012
 
Synopsis
Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s’engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n’a qu’une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l’autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s’installe, et il assiste, impuissant, à l’effondrement de son empire. Il est aussi certain qu’on va l’assassiner. Quand ? Où ? Il s’apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie. 
Mon avis:

J'ai vu ce film hier, le lendemain donc de son avant-première à Cannes, et je vais essayer de donner un avis cohérent et pas trop à côté de la plaque, je l'espère.

Je signale que j'ai vu le film en VO.

Je préfère le dire tout de suite, c'est le genre de film qui à la base ne m'attire pas, parce que je pars du principe que ça va forcément me déplaire. Je n'ai d'ailleurs pas lu le livre dont il est adapté et je ne le lirais pas. Alors pourquoi être allée le voir me direz-vous? Eh bien, c'est tout simple: sans surprise par rapport à ce que j'ai pu dire dans d'autres chroniques de films, je suis la carrière de Robert Pattinson de très près et je ne pouvais donc pas passer à côté de ce virage à 180° qu'il vient d'opérer dans sa carrière d'acteur, même si au départ le sujet du film avait tendance à me rebuter. Je précise par la même occasion que je ne suis pas une hystérique qui hurle dès qu'elle le voit mais que j'apprécie réellement son jeu d'acteur et que pour moi il ne se résume pas à Twilight, car je l'apprécie essentiellement pour tout ce qu'il a fait en dehors de la saga. De plus, je ne juge pas un acteur par la folie qu'il suscite mais par son travail. 
Je souligne aussi que Cosmopolis est le premier film du réalisateur David Cronenberg que j'ai l'occasion de voir donc je ne pourrais pas le comparer à ses autres films. De plus, je suis une ignorante absolue dans tout ce qui touche les films d'auteur et autres pouvant ressembler à ce film dans sa mise en forme ou dans son message. Je vous demanderez donc de l'indulgence, mon avis n'est que celui d'une pure amatrice. Ces précisions étant faites, venons-en aux choses sérieuses.

Même si je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, je connaissais bien le contenu du livre grâce à une personne qui l'a lu. Je voulais tout de même être au minimum au courant de ce que j'allais voir et comme j'appréhendais de voir ce film, je ne voulais pas avoir de mauvaise surprise.
Alors verdict? Il est difficile de donner un avis tranché sur ce genre de film mais je peux tout de même dire que j'ai aimé dans l'ensemble.
Pourquoi? Eh bien patience, je vais vous expliquer tout ça. Je conseille tout de même à ceux qui ne veulent rien savoir, de ne pas lire ce qui va suivre et de passer au dernier paragraphe car je vais être obligée de développer mon avis sur certaines scènes et même s'il n'y a pas de véritables spoilers, je préfère avertir.

En allant voir Cosmopolis, il ne faut pas vous attendre à voir un film d'action, très rythmé car c'est essentiellement un film de réflexion. Certains diront qu'il est d'un ennui sans nom mais le cinéma n'est pas que des films où les rebondissements s’enchaînent. Cosmopolis est totalement différent des films formatés que l'on nous sert à longueur d'année et auxquels on fini forcément par s'habituer. Alors forcément quand on nous présente quelque chose de différent, certains commencent à piquer du nez. D'un autre côté, je pense qu'il est mieux de s'informer sur un film avant d'aller dépenser une somme non négligeable pour s'enfermer dans une salle obscure pendant deux heures. Mais ceci n'est que mon avis.
Du coup, il est inutile de chercher dans ce film l'un des schémas habituel que l'on a l'habitude de voir car ce film forme un tout, on en comprend le sens que lorsqu'on l'a vu dans son ensemble et il ne suit pas une trame logique si je puis dire.

Tout démarre lorsqu'Eric Packer, milliardaire new-yorkais, souhaite prendre sa limousine pour se faire couper les cheveux alors que tout New-York est paralysé par la venue du Président des Etats-Unis et qu'une grave menace pèse sur lui. Le trajet va être long et au cours de son périple, il va rencontrer plusieurs personnes et faire face à diverses situations.
Le début se passe en extérieur puis tout à coup on se retrouve avec Eric enfermé dans la limousine et ce qui frappe à ce moment-là c'est l'isolement de la voiture car aucun son n'y rentre. La voiture totalement insonorisée renforce le sentiment d'être dans une bulle coupée du monde, hermétique à ce qui l'entoure. Et ce sentiment crée par Cronenberg n'est pas innocent, il prend du sens quand on comprend de quoi parle le film. C'est une sorte de ville à l'intérieur de la ville. J'ai interprété le film et toutes les rencontres d'Eric comme une métaphore, et des symboles liés au capitalisme. Eric, personnage central et clé du film représente le capitalisme dans tout ce qu'il a de plus froid. Ce personnage fait froid dans le dos car rien ne l'atteint, il semble totalement dénué d'émotions sauf à quelques occasions et il est sans cesse à la recherche d’émotions extrêmes pour essayer de ressentir ne serait-ce qu'un sentiment éphémère. Il se fiche de perdre des millions à chaque minute ou encore que sa vie soit menacée. D'un autre côté, il peut être sensible à des évènements assez absurdes par rapport à ses problèmes. Ce n'est qu'à la fin que ce personnage se fissure et réalise que tout n'est pas parfait et minuté car malgré toutes ses précautions, il a une faille dont il réalise enfin la signification. J'avais parfois plus l'impression de me trouver dans la tête d'Eric Packer que dans sa limousine car on a la sensation qu'il contrôle les actes et les désirs des autres.  
Eric, riche à millions, va rencontrer dans cette bulle feutrée plusieurs personnes qui symbolisent chacune, individuellement un acteur ou un effet du capitalisme. Je citerais comme exemples le personnage de Juliette Binoche et la prise de possession de divers biens artistiques par un homme aussi riche qu'Eric, et celui de Samantha Morton avec son analyse détachée des chiffres et de l'espace temps qui n'est pas sans rappeler notre système boursier.

Ce livre a été écrit il y a 7 ans et pourtant il reflète avec une incroyable justesse notre situation actuelle et tout ce qui est ébranle actuellement notre système financier.
Ce film mériterait une analyse encore plus poussée mais ce n'est sûrement pas moi qui le ferait car je suis sûre que pas mal de choses m'ont échappé (en plus du fait je vous vois en train de bailler). Car c'est surtout ça que l'on ressent à la fin, la sensation d'avoir saisi un message, peut-être pas le bon, mais surtout un message incomplet. Cosmopolis n'est pas le genre de film à la fin duquel on peut dire j'ai passé un bon moment ou pas, c'est un film qui fait réfléchir pour peu qu'on se donne la peine de vouloir comprendre ce que l'on voit. Ce film n'a pas d'intrigue ou de scénario, il essaye juste de faire passer un message, une réflexion dans une forme peu habituelle au cinéma. J'avoue que je suis sortie de cette séance complètement vidée et je ne me suis pas aperçue de l'effort que j'avais fournit pour essayer de tout saisir et comprendre ce que l'auteur et le réalisateur ont essayé de nous dire. 

Pour en finir avec l'aspect prise du tête du film, je vais revenir sur des éléments plus concrets, mais aussi ceux qui m'ont gêné.
Au niveau du casting, dire que Robert Pattinson a le rôle principal est un euphémisme étant donné que tout le film repose sur lui et qu'il représente l'élément central autour duquel tous les autres personnages gravitent. Et je trouve qu'il s'en sort plutôt très bien. Je ne suis pas très objective car j'apprécie l'acteur mais je pense que sa prestation est plus que convaincante et même si ce n'est pas parfait et que le chemin est long, ce genre de film confirme qu'il a du talent et une grande capacité à s'immerger dans un personnage. Pour moi il a relevé le défi. Je citerais aussi deux autres acteurs qui m'ont, disons, interpellé et qui sont Kevin Durand et Paul Giamatti. Les autres étaient aussi très bons mais on les a trop peu vu malheureusement.   
J'ai aussi retenue la musique, assez anecdotique, mais que j'ai beaucoup aimé. Je regrette justement ce "manque" de bande son.
Ce qui marque aussi dans ce film ce sont ses dialogues. David Cronenberg dit qu'il a repris presque mot pour mot ceux du livre et attendez-vous à quelque chose de plus recherché que les dialogues habituels. Ils n'avaient parfois ni queue ni tête et étaient dans l'ensemble assez déstabilisant. C'est ce qui à mon avis peut rebuter certaines personnes car ils ne sont pas toujours faciles d'accès.
Le film dure deux heures et c'est vraiment la durée limite parce que de part le manque de rythme, j'ai bien failli décrocher à la fin. C'est le genre de film sur lequel on est tellement concentré qu'au bout d'un moment il faut que ça s'arrête pour pouvoir un peu souffler. Néanmoins, je ne me suis pas ennuyée et j'étais à ma grande surprise plongée dedans, je ne pensais plus à ce qui m'entourais et ça je ne m'y attendais vraiment pas. 

Pour finir et en résumé, je dirais que j'ai beaucoup apprécié ce film par la réflexion qu'il propose et le fait qu'il est complètement à l'opposé de ce que j'aime au cinéma. J'aime quand je découvre quelque chose de totalement inconnu et j'ai justement aimé cette expérience même si ça restera pour moi l'exception. 
Même si j'ai apprécié le film, je ne vais pas vous le conseiller et encore moins vous dire de courir le voir. Je vous dirais plutôt si le fait de réfléchir en regardant un film ne vous dérange pas et que vous ressentez de la curiosité pour le sujet et/ou la mise en forme, la réalisation de Cosmopolis, vous pouvez tenter l'expérience à condition de rester suffisamment ouvert et de prendre le risque de ne pas aimer ou être déçu parce que ce genre de film ne peut que susciter des avis divergents et contradictoires.      

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